Attention aux contrefaçons !

À l'approche de la nouvelle saison des défilés de créateurs dans les grandes capitales mondiales de la mode, le nombre de produits de contrefaçon a été mis en lumière. En effet, l'unité de la police londonienne chargée de lutter contre les délits de propriété intellectuelle (PIPCU) a annoncé avoir suspendu plus de 2 000 noms de domaines liés à des sites Web vendant des articles de luxe contrefaits depuis le Nouvel An.

Les sites épinglés par la police de Londres vendaient des articles de contrefaçon de luxe de marques connues, dont Burberry, Longchamp, Abercrombie et Oakley, ainsi que des bijoux de créateurs tels que Tiffany & Co et Thomas Sabo. Toutefois, les articles mis en vente, de qualité médiocre, étaient bien loin de ressembler à ceux des célèbres marques.

Par ailleurs, Europol a annoncé mi-décembre avoir saisi 292 noms de domaine impliqués dans la vente de produits de contrefaçon sur Internet. Cette opération mondiale coordonnée a été menée avec 24 autres organes réglementaires de 18 pays, dont le Service de l'immigration et des contrôles douaniers (ICE) du Département de la Sécurité intérieure des États-Unis.

Le lendemain, l'ICE annonçait la saisie d'une quantité de domaines cent fois supérieure lors d'une opération connexe. 29 684 domaines ont ainsi été suspendus par l'ICE dans le cadre du Projet transatlantique et du plan « Operation In Our Sites » V.

Pour le secteur, le coût de la contrefaçon est très important. La Chambre de commerce internationale (CCI) décrit la contrefaçon comme « un fait de criminalité économique des temps modernes parmi ceux connaissant l'une des croissances les plus rapides. Elle confronte les entreprises, les gouvernements et les personnes à un ensemble de problèmes uniques. D'une industrie artisanale, la contrefaçon est devenue une activité très élaborée soutenue par un réseau de crime organisé. Ce réseau est capable de menacer le tissu des économies nationales et de nuire à la sécurité, n'hésitant pas à aller jusqu'à tuer. Elle dévalorise la réputation des entreprises, bloque les investissements, finance le terrorisme et prive des centaines de milliers de personnes de leurs moyens de subsistance chaque année. »

Selon la CCI, les contrefaçons représentent de cinq à sept pour cent du commerce mondial, pour un montant estimé à 650 milliards USD par an en 2008. Pour 2015, la CCI estime que la valeur mondiale des contrefaçons et des produits piratés pourrait s'élever à 1,77 billions USD.

Pendant la saison des défilés, qui débute ce mois-ci avec la London Fashion Week et ses 50 défilés sur cinq jours, de nouveaux modèles ont été présentés par certaines des maisons de mode les plus en vue de la planète. Ces modèles ne tarderont pas à inspirer les créateurs du monde entier. Ils seront également copiés illégalement, tant au niveau de la marque que du modèle, puis vendus en ligne sur les sites marchands, sur des sites Internet frauduleux ou indépendants, à travers des profils non autorisés sur les réseaux sociaux et sur des applications mobiles marchandes illégales.

Les recherches menées par NetNames sur l'industrie de la mode ont révélé que 70 % des propriétaires de marques de luxe considéraient le manque à gagner comme leur principal défi sur Internet. Le cybersquattage coûte chaque année à lui seul plus d'un million de dollars (environ 890 000 €) par marque aux titulaires de marque. Le manque à gagner est provoqué par la distribution d'articles de contrefaçon sur les sites marchands publics et professionnels, et par la prolifération de sites Web indépendants ou frauduleux.

Pourquoi les consommateurs achètent-ils des produits de contrefaçon ? Les raisons sont multiples. Selon une autre étude menée par le revendeur d'articles de luxe d'occasion sur Internet Vestiaire Collective et publiée par le Huffington Post, le manque de moyens financiers a conduit plus d'un consommateur britannique sur cinq (22 %) à acheter des articles contrefaits, tandis qu'un sur trois (34 %) indiquait être certain de n'avoir jamais acheté d'article de mode de contrefaçon.

Les articles de mode contrefaits les plus vendus sont les sacs « de marque », 31 % des acheteurs reconnaissant avoir acheté une contrefaçon, tandis qu'un acheteur sur quatre (24 %) avait acheté des lunettes ou une montre.

Les raisons motivant l'achat de produits de contrefaçon sont multiples. L'étude a démontré qu'une personne sur cinq (20 %) avançait le prix de l'article du créateur comme principale raison pour ne pas acheter l'original, et que 17 % des acheteurs pensaient avoir acheté un vrai produit de marque. Les clients jeunes sont plus susceptibles d'acheter des articles contrefaits.

La PIPCU met également en garde contre les dangers des contrefaçons. Les consommateurs doivent prendre conscience des risques associés à l'achat de produits de contrefaçon sur Internet. Les contrefaçons sont souvent de très mauvaise qualité et peuvent potentiellement être dangereuses. Les sites Web eux-mêmes peuvent présenter des failles de sécurité. Ils contiennent souvent des virus et des logiciels malveillants pouvant compromettre la sécurité de vos données personnelles.

« En règle générale, si l'offre a l'air trop belle pour être vraie, c'est probablement le cas. Les grosses réductions proposées sur un produit sont souvent le signe que quelque chose ne va pas », indique Danny Medleycott, commissaire de police et directeur de la PIPCU.

« Lors d'un achat sur Internet, soyez extrêmement vigilant pour ne pas vous laisser tenter par des produits de contrefaçon. De nombreux sites indiquent vendre des produits originaux, qui ne sont en fait que des imitations bon marché. Parfois, comme c'est le cas pour les appareils électriques, ces produits peuvent être extrêmement dangereux étant donné qu'ils n'ont pas été soumis aux tests de sécurité rigoureux appliqués aux originaux.

« Les escrocs à l'origine de ces sites Web exploitent souvent les données personnelles, comme les informations financières. Les acheteurs risquent de constater que leur carte a été usurpée à des fins frauduleuses. Les sites eux-mêmes peuvent présenter des risques, puisqu'ils contiennent des virus et des logiciels malveillants susceptibles d'infecter votre ordinateur. »

La PIPCU a établi une liste de conseils à suivre pour éviter d'être victime des fraudes à la contrefaçon. Les voici :

  • Suivez votre instinct : si une offre a l'air trop belle pour être vraie, c'est probablement le cas. Les vrais articles de créateurs sont rarement en réduction. Ne vous précipitez pas sur une offre en pensant faire une bonne affaire.
  • Prêtez attention à l'orthographe et à la grammaire du site et de l'URL. Souvent, les concepteurs de ces sites ne soignent pas ce détail. Les fraudeurs peuvent également essayer de vous duper en modifiant légèrement l'orthographe d'une marque ou d'une enseigne célèbre dans l'adresse du site Web.
  • Essayez de savoir où est basé le vendeur et de vérifier s'il fournit une adresse postale. Ne vous fiez pas à l'adresse du site : ce n'est pas parce qu'elle contient le code pays « fr » que le vendeur est basé en France. Si aucune adresse n'est indiquée ou si seule une boîte postale ou une adresse électronique est fournie, méfiez-vous.
  • Ne traitez qu'avec des vendeurs réputés, sur des sites que vous connaissez ou que l'on vous a recommandés. Si vous n'avez jamais rien acheté chez ce vendeur, renseignez-vous et consultez les avis sur Internet. Les utilisateurs se tournent souvent vers les forums et les blogs pour mettre en garde contre les sites frauduleux. Si vous achetez un article sur Internet, vous pouvez vérifier la légitimité du site Web du fournisseur en visitant www.brand-i.org.
  • Assurez-vous que l'adresse du site commence par « https » au moment du paiement, car cela indique que le paiement est sécurisé.
  • Mettez régulièrement à jour vos logiciels de sécurité et vos pare-feux. Lorsqu'un correctif de sécurité est publié, effectuez la mise à jour de votre navigateur Internet.
  • N'accédez pas aux liens fournis dans les messages électroniques non sollicités. Saisissez toujours l'adresse du site Internet ou utilisez un moteur de recherche pour trouver un site.
  • Demandez au vendeur s'il propose une politique de retour ou une garantie. La plupart des vendeurs malhonnêtes n'en proposent pas.
  • Si vous avez des doutes sur l'authenticité des produits, n'indiquez pas vos informations de paiement. Cela ne vaut pas la peine de prendre le risque.
  • Méfiez-vous des fenêtres contextuelles vous invitant à confirmer vos informations de paiement avant de finaliser la transaction. Ne saisissez jamais votre code PIN sur Internet.
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